Québec : mode d'emploi

Québec : mode d'emploi

Le Québec, vu, analysé et expliqué avec humour par une Franco-Québécoise de souche. S'invitent parfois coups de coeur, coups de gueule et chroniques, ayant ou non rapport avec la Belle Province. Bienvenue et bonne lecture !

Patins, adoration et bière, bref, hockey

Photo : Bernard Brault, La Presse

Photo : Bernard Brault, La Presse

« Dépêche-toi, petit garçon, de retirer tes filets : un char*  s’en vient ! » (Je mets en garde ce jeune enfant d’enlever ses cages de hockey du milieu de la rue afin de laisser la voiture passer. C’est mon côté bienveillant…)

 

Il est impossible d’en vouloir aux gamins qui jouent au hockey en plein milieu de la rue : ils ne font que leur devoir de Québécois.

 

Il y a le devoir de citoyen, le devoir de parent, le devoir de chrétien, le devoir de maths, le devoir conjugal (plus sympa) et le devoir de Québécois. Aimer le hockey.

 

Ce n’est pas difficile de faire son devoir de Québécois. Il suffit de s’inspirer de son père, de son grand-père, de son oncle, de son grand frère, de sa mère, pourquoi pas, bref, s’inspirer de ceux qui chérissent le hockey, qui lui insufflent, depuis plus de cent ans, la gloire et l’importance qu’on lui connaît. Leur passion est contagieuse et le hockey, viscéralement rassembleur. Difficile de résister…

 

Le hockey est imparfait sans la bière et les chums*. Boiteux. Carrément insensé. Comme jouer au golf en jeans. Envoyer des fleurs en cadeau sans pouvoir écrire la petite carte soi-même. Il manque quelque chose. Il y a un problème. Un défaut de situation. Une atteinte à l’authenticité, au bon sens.

 

Vraie soirée hockey = match de hockey + bière + chums

 

Et parlons-en, de ce match de hockey. De cette game de hockey*, comme on dit plutôt ici.

 

Voir un hockeyeur à l’œuvre, c’est quelque chose, mais en voir six, c’est complètement dément ! Quelle effervescence ! Quel spectacle !

 

Chaussés de leurs patins, ils foncent à toute allure sur un terrain de glace, il glissent – mais courent également ! -, en faisant avancer sur la patinoire une rondelle de caoutchouc à l’aide d’un bâton, une rondelle ô combien convoitée et petite, le tout sans se casser la gueule ! Mais quel est le déséquilibré qui a dit que le golf c’était du sport ? Il me copiera 3000 fois « Je ne dois plus dire de conneries ».

 

C’est donc non pas un mais six corps humains qu’il faut pour constituer une équipe de hockey ; cinq qui jouent et un qui garde les buts. Bien sûr, d’autres propriétaires de Porsche attendent leur tour sur le banc. Et il y en a du va-et-vient, sur ce banc ! Le hockey étant un sport particulièrement épuisant, les joueurs se relaient constamment. Ainsi le joueur reste-t-il en moyenne quarante-cinq secondes par présence sur la glace, et c’est en véritables Jason Statham qu’ils enjambent continuellement la bande de la patinoire (c’est-à-dire le muret qui ceinture cette dernière) pour entrer et sortir. Ce fourmillement d’hommes cosmonautes est dirigé par l’homme au chewing-gum, au veston cravate* et aux prestations orales plus ou moins enviables, bref, par l’homme qui entraîne : l’entraîneur.

 

Pas de « Mange, Prie, Aime » au hockey. Seulement « Patine, Cogne, Marque ». La brutalité fait entièrement partie du jeu et la bagarre du show. Et on ne déteste pas, sauf si ça dépasse les limites de l’acceptable.

 

Acceptable : un nez qui saigne. Un bâton cassé. Des mots durs.

Inacceptable : un joueur qui quitte la patinoire inconscient, sur une civière.

 

La spiritualité et le recueillement n’ont leur place qu’au tout début, durant l’hymne national. C’est court mais intense, toujours émouvant. C’est là que l’on voit les joueurs en gros plan, sans leur casque, et que l’on détermine lequel est le plus beau. Lequel on aimerait inviter à faire du scrapbooking un jour de pluie.

 

Dépêche-toi, mon grand garçon, de quitter ton filet : ta Porsche se fait vandaliser.

 

 

 Un peu de vocabulaire...

 

- Char : au Québec, le terme char est souvent utilisé pour désigner une voiture.

- Chum (s) : utilisé au masculin ou féminin. Dans le parler québécois, les chums désignent les copains, les copines. Chum au singulier désigne également le petit copain. L’amoureux.

- Game de hockey : Les Québécois disent très souvent la game pour désigner un match de hockey. « Viens-tu r’garder la game ‘à soir chez nous ? »

- Veston cravate : Dans le parler québécois, le veston cravate désigne le complet pour homme. 

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Fabrice le chum de Véro 18/02/2013 18:00

AAAAHHHHH le sirop d'érable sur une crêpe normande (et oui, je suis normand), la tire et les tit bonbons qui fonde sur la langue... (les sucs à la crème qu'elle me dit ma blonde)... c'est pas au
sirop d'érable? je prends pareil
Toutes ces cochonneries, j'adore!!!

Franco-québécoise 18/02/2013 21:15



Aaaahhh ! Un amateur de sirop d'érable ! 


Pour les sucres à la crème il n'y a pas de sirop d'érable mais tu as raison de les prendre quand même !


Vivent les cochonneries !


 



fabrice/vero 12/02/2013 17:30

oui, les démarches avancent bien. Nous attendons la Sélection du Québec pour que l'ambassade du Canada à Paris puisse avancer à son tour.
Je n'ai pas hâte de voir de la poutine mais uniquement ceux qui la mangent!
Bonne journée

Franco-québécoise 18/02/2013 17:48



Bonne nouvelle, je suis contente pour vous !


Pas de hockey, pas de poutine, j'espère que tu aimes le sirop d'érable... !? :-)



Fabrice et Véro 10/02/2013 12:19

Bonjour,
Sympa ce devoir de Québécois. Hélas, je ne suis pas un fan du hockey ni d'autre sport d'équipe d'ailleurs...
On a une petite pensée pour toi, nous faisons Choucroute avec une saucisse de morteau... bon, comment savoir si c'est un compliment ou pas?... à toi de voir.

Franco-québécoise 11/02/2013 19:36



Ah je le prends sans hésiter comme un compliment ! Vous êtes adorables tous les deux et vos messages me touchent toujours beaucoup ! 


Ah !! De la choucroute et de la saucisse de Morteau !! Deux des meilleurs plats au monde ! Tiens, tu me donnes envie d'en manger ce soir...


J'espère que vos démarches d'émigration portent fruit...


A bientôt !