Québec : mode d'emploi

Québec : mode d'emploi

Le Québec, vu, analysé et expliqué avec humour par une Franco-Québécoise de souche. S'invitent parfois coups de coeur, coups de gueule et chroniques, ayant ou non rapport avec la Belle Province. Bienvenue et bonne lecture !

Musique, sourcils bizarres et grammaire

caillou.jpgIl était un petit homme, pirouette, cacahuète, il était un petit homme, qui avait un drôle de prénom, qui avait un drôle de prénom.

 

Caillou. Impossible, d’ailleurs, de l’oublier: il le répète six fois dans sa chanson. Quatre fois « Je m’appelle Caillou », deux fois « Caillou c’est moi ».

 

Caillou c’est lui, donc, ce petit bonhomme d’environ quatre ans, sans un poil sur la tête – d’où son prénom très probablement. C'est le Oui-Oui québécois, en plus pâlot et sans mascara. Tout comme lui, sa petite sœur – Mousseline (!) – aura cet avantage de ne pas avoir d’homonyme sur Facebook le jour où elle rejoindra la Sainte Communauté.

 

Mais pour l’instant, Mousseline n’est pas sur Facebook. Son grand frère en revanche, oui. Sur Facebook et partout ailleurs. À la télé, dans les livres, les dvd, sur les chandails-kangourou, les tee-shirts, les casquettes, les sacs à dos, les casques de vélo, les serviettes de plage, les tapis, les veilleuses et les cd. Oui, car Caillou chante (et sera même en tournée les 17, 18 et 24 novembre 2012 - info dégotée sur son site Web). Cet auteur-compositeur-interprète possède son style bien à lui et aime à sensibiliser son public sur des thèmes, des idées trop souvent méprisés par le monde de la musique, tels le transport ferroviaire (La chanson du petit train) ; les activités de plein air (J’vais voir la mer) ; le principe fondamental de la dynamique de translation – ou deuxième loi de Newton – (Le ballon roule !) ; les maladies infantiles (La varicelle) ; les arts visuels (La chanson des couleurs) ; les sciences mathématiques (La chanson des chiffres) ou encore la paléontologie (Les dinosaures). Le professeur Alan Grant (alias Sam Neill) dans Jurassic Park peut d’ailleurs aller se rhabiller. Sa copine qui aime à fouiller dans le caca de triceratops aussi.

 

 

Papa Caillou, ce précurseur du color block, souffre du syndrome orphelin de la pilofacioverticalité : ses poils de sourcils, au nombre de 8 ou 10 (tout dépend de la scène, du plan), poussent à la verticale.

 

Maman Caillou, femme on ne peut plus maternelle et aimante, emmène Caillou chez le « marchand de chaussures » et prépare de jolis gâteaux surprise en forme de bonhomme de neige.

 

À l’instar de ses parents, Caillou s’exprime dans un français impeccable. Tous trois parlent comme des livres et utilisent, quelles que soient la situation et l’humeur de chacun, la forme négative dans sa totalité, c’est-à-dire sans jamais négliger l’existence du ne.

 

Dans la famille de Caillou, chaque syllabe est respectée et articulée avec application. Le blasphème n’existe pas ; les films de cul et l’ecstasy non plus.

 

Le garçon, malgré son jeune âge, use même de la forme irrégulière de l’adjectif beau lorsque celui-ci est placé devant une voyelle ou un h muet. Ainsi n’annonce-t-il pas à son amie Clémentine qu’il va peindre un « beau oiseau » mais un « bel oiseau ».

 

Oui, Caillou parle de manière admirable et c’est normal, puisqu’il est un véritable modèle pour les innombrables petits membres de son grand fan club qui l’aiment, l’idolâtrent, l’écoutent et l’imitent, surtout. Ce jeune et sympathique chauve n’a, par conséquent, pas droit à l’erreur, surtout en ce qui a trait à notre belle langue française.

 

Caillou, tu me copieras donc 150 fois « On ne dit pas je sais c’est quoi ; on dit je sais ce que c’est. »

 

Les enfants, vous vous boucherez les oreilles les douze premières secondes de la chanson Les dinosaures.

 

Et maintenant, tout le monde au lit !

 

 

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