Québec : mode d'emploi

Québec : mode d'emploi

Le Québec, vu, analysé et expliqué avec humour par une Franco-Québécoise de souche. S'invitent parfois coups de coeur, coups de gueule et chroniques, ayant ou non rapport avec la Belle Province. Bienvenue et bonne lecture !

Louis-José Houde, Québécois, hilarant, attachant

Louis-José Houde (crédit photo : Radio Canada)

Louis-José Houde (crédit photo : Radio Canada)

 

Ah qu’il le prononce avec application et articulation, ce nom, Michel Drucker !

 

« L-o-u-i-s 

 

J-o-s-é 

 

H  O  U  D  E ! »

 

Il a raison de s’appliquer, de prendre son temps : il faut que les Français comprennent ce nom. Qu’ils s’en souviennent, surtout.

 

Au Québec, lorsqu’un présentateur l’annonce, c’est LouisJoséHoude d’un coup. Tout attaché. Très vite. Quasiment mâché. Car on connaît tous ce nom. Car on a tous très hâte qu’il arrive. Pas besoin d’articuler on veut Louis-José. Qu’il nous fasse oublier notre journée harassante au boulot. La mauvaise note de William, à son oral de géographie. La diarrhée du chat dans le salon, sur le nouveau tapis. Les petits problèmes quotidiens, ceux qui nous suivent toute la vie. « LouisJoséHoude, Mesdames, Messieurs ! LouisJoséHoude ! » Tonnerre d’applaudissements et vague d’excitation à chaque fois. Car l’on sait que la prestation (sketch, entrevue, peu importe : Louis-José) va être excellente. Touchante, même, parfois.

 

Ne vous fiez pas à la sonorité de son prénom : Louis-José n’est ni guatémaltèque, ni portoricain ; simplement héritier d’un couple débordant d’imagination. Une imagination que papa et maman ont transmise à Louis-José puissance 3 850 car l’artiste écrit aujourd’hui des spectacles encore plus originaux que son prénom.

 

Non, rien de sud-américain donc, que du québécois. Pur et dur. Il n’y a pas plus Québécois que Louis-José Houde. 

 

Si j’avais du culot, de l’argent, ou la chance d’être son amie d’enfance, je lui demanderais carrément d’être la mascotte de mon livre sur le Québec (quasiment achevé !). Il a déjà distribué des chocolats de Pâques dans une pharmacie Jean Coutu, déguisé en lapin… Alors pourquoi pas ? Je suis sûre que les déguisements de livre existent. Il y a bien des déguisements de pénis, de fraise et de fourchette. Alors pourquoi pas de livre ?

 

À quoi je joue ? Je joue de la guitare.*

 

À quoi je joue ? Je joue de tout, avec tout, car je suis LJH. 

 

LJH : Louis-José Houde.

 

LJH : Le Joyeux Humoriste.

 

LJH : Lampadaire, Jésus, Horticulture. Enfermez-le deux semaines dans son chalet des Laurentides avec un cahier, un stylo et ces trois mots pris au hasard dans le dictionnaire, et il vous pondra un truc désopilant sur les lampadaires, Jésus et l’horticulture. Même chose avec Lymphatique, Jachère et Hérisson.

 

Je joue de tout et avec tout, donc ; je joue la comédie, je joue au clown, je joue au présentateur de gala, je joue avec les mots, je joue avec ma voix, je joue avec mon corps, je joue avec le public, je joue avec ma batterie, je joue avec mon snowboard, je joue avec mon chien (si j’en ai un) : je joue.

 

Je joue, et avec brio.

 

Pourquoi aime-t-on tant Louis-José ? Mais parce qu’il imite à merveille le type qui a pris un coup de soleil derrière les genoux. Tout simplement.

 

Parce que lui aussi il trouve que ça fait branché de marcher dans la rue gobelet de café à la main, m’enlevant ainsi un poids de sur la conscience.

 

Parce qu’il émet des hypothèses excellentissimes sur les orteils – qu’il a en horreur ! -, prétendant que ces derniers « sont une maladie de pieds mais qu’on ne le sait pas encore…! ».

 

Parce qu’il est dynamique, généreux, cultivé et rafraîchissant.

 

Entre Louis, on se comprend, on s’inspire, aussi, puisque Louis-José a emprunté à Louis-Ferdinand l’une de ses formules pour le titre de son dernier spectacle – Les heures verticales –, tirée du Voyage au bout de la nuit. Ouh le recopieur ; je vais le dire à la maîtresse, et plus sérieusement, je trouve ce clin d’œil formidable. Je trouve formidable que ce grand artiste québécois fasse honneur à ce grand auteur français. Cette anecdote n’est qu’une infime illustration de son amour pour la lecture : Louis-José est en effet un dévoreur de livres et partage d’ailleurs ses lectures avec les visiteurs de son blogue.

 

Sur le plateau de Michel Drucker, dans « Vivement Dimanche », il a dit que la France avait besoin de lui pour découvrir « la position de la cuillère ». Et il a bien raison, puisque ni Jean-Pierre Pernot, ni Michel Drucker, ni Frédéric Diefenthal, ni Charlotte de Turckheim, ni les autres ne semblaient voir à quelle position romantique pour faire dodo il faisait allusion.

 

Durant ces quelques minutes d’interview en terrain inconnu ou presque il est resté authentique, complètement lui-même, et – à mon grand bonheur ! -, n’a pas une seule fois tenté d’estomper son accent québécois. Il a parlé vite, il a parlé beaucoup, il a parlé avec son accent, il a rafraîchi l’atmosphère, il a fait du Louis-José Houde. Et c’est aussi pour ça qu’on l’aime.

 

Je vous invite à découvrir cet artiste de toute urgence.

 

(Voir également mon article sur le film "Le sens de l'humour". Louis-José Houde fait partie des acteurs principaux.)

 

 

* Je joue de la guitare est une magnifique chanson de Jean Leloup, un auteur-compositeur-interprète très connu et apprécié au Québec. « À quoi je joue ? Je joue de la guitare ! » fait partie du refrain et est connu de 92% des Québécois ou presque. Je vous invite à découvrir cet artiste de toute urgence.

 

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Flour in the Face Game 14/10/2014 12:04

I think it is all about taking your time and adjusting with these situations. Understanding the French version could be the tricky part here. Things will get better once you are through that phase. Anyway, I’m impressed with the explanation.