Québec : mode d'emploi

Québec : mode d'emploi

Le Québec, vu, analysé et expliqué avec humour par une Franco-Québécoise de souche. S'invitent parfois coups de coeur, coups de gueule et chroniques, ayant ou non rapport avec la Belle Province. Bienvenue et bonne lecture !

Voulez-vous un doggy bag, madame ? Mais voui, absolument !

Le doggy bag ? Kézako ?

 

Non, je vous arrête tout de suite, aucun rapport avec le rappeur Snoop Dogg... Il ne s'agit pas non plus d'un sac pour transporter son chien... Ni d'un sac pour que le chien transporte quelque chose...

 

Le doggy bag est une coutume bien ancrée en Amérique du Nord. Ici, aucune honte à envisager un doggy bag, demander un doggy bag, accepter un doggy bag, arriver chez soi doggy bag à la main, avouer à ses collègues de boulot que non, on ne sait pas faire les rouleaux de printemps : il s'agit en fait d'un doggy bag, bref, aucune honte à avoir, aucune.

 

Le doggy bag est cette petite boîte que l'on emporte avec soi en sortant du restaurant, petite boîte qui contient les restes du repas. Vous l'aurez compris : pour avoir droit à un doggy bag, il faut ne pas terminer son repas. Non ce n'est pas si astreignant, croyez-moi. On y arrive même assez facilement. N'oublions pas que le doggy bag est Nord-Américain et que dans le Nord de l'Amérique, les assiettes servies dans les restaurants sont plus que copieuses - à moins bien sûr de ne fréquenter que les établissements de fine cuisine et leurs plats de résistance qui constitueraient un excellent exercice de maths pour les petits : 1 filet mignon, 2 pommes de terre grelot, 3 asperges, pardon 4.

 

Repartir du resto avec ses restes de bouffe ? Trop la honte !

 

En France voui, au Québec : non. Rien de plus normal que d'emporter ses restes chez soi plutôt que de les jeter. Et en ce qui me concerne, plus je vis ici, plus j'approuve cette pratique. Je l'ai d'ailleurs adoptée très rapidement. J'ai beau être un ventre sur pattes, l'Amérique du Nord a bien souvent raison de moi.

 

Doggy baguer avec classe, c'est possible

 

En effet. Voici mes conseils. (Je tiens à préciser que le terme "doggy baguer" n'existe pas, je viens de l'inventer.)

 

Je dirai que pour doggy baguer avec élégance, il faut qu'il reste dans l'assiette de quoi faire un repas. Ou un mini repas. Une collation à la limite, mais pas moins. Une petite portion de riz, une demi poitrine de poulet, trois quartiers de tomates : ça passe (même si le tout semble se courir après dans votre assiette, une fois dans la petite boîte de polystyrène, ça a de la gueule.) Trois frites et une moitié de steack qui deviendra de toute façon dure comme de la semelle au micro-ondes : ça passe, mais moins. Mieux vaut selon moi s'abstenir. Notez d'ailleurs que dans ce cas-là, le serveur ne vous proposera probablement pas de lui-même le doggy bag : VOUS devrez demander le doggy bag. Il acceptera, mais vous ne pourrez alors pas dire que vous doggy baguer avec dignité, ce que je trouve très dommage. Vraiment, allier doggy bag et raffinement, je trouve ça très fort, très prestigieux.

 

Autre règle bien importante à mes yeux : respectez le doggy bagueur.

 

Je me mets à la place du type en cuisine qui a travaillé fort toute la soirée et qui est fatigué. Si le serveur lui apporte mon assiette avec un restant de gâteau aux fraises exténué par l'air ambiant et défiguré par mes coups de fourchette disgracieux, en lui demandant de me le mettre dans un doggy bag, le type en question va nous haïr, moi et la vie.

 

Quand on sait que l'on va demander un doggy bag à la fin du repas, donc, on fait en sorte de disposer ses restes joliment dans son plat. On vire comme on peut les petits bouts de gras machouillés et impoliment reposés sur les bords de l'assiette et on rassemble les restes de façon ordonnée. Gare à l'excédent de moutarde séchée sur le côté : la pire des maladresses si l'on veut envoyer ses restes au doggy bagueur avec chic. 

 

(Découvrez également le concept des restaurants "Apportez votre vin".)

 

Mon coup de coeur : ne pas avoir à faire à manger le lendemain midi

Mon coup de gueule : les gens qui - au resto - ne font pas l'effort d'avaler le ou les petits bouts de gras et qui reposent donc le truc sur le bord de l'assiette. Immonde ! Un petit bout de gras n'a jamais tué personne. Même chose pour les petits bouts de nerfs.

 

 

 

 

 

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Laurent 13/02/2014 12:18

Je suis heureux de vous annoncer que le Doggy Bag arrive en France ;) Toutes les infos sur www.tropbonpourgaspiller.com ;)

Franco-québécoise 13/02/2014 16:39

Quelle excellente nouvelle ! Il était temps ;-) Le doggy bag est l'un des concepts les plus intelligents de notre époque !