Québec : mode d'emploi

Québec : mode d'emploi

Le Québec, vu, analysé et expliqué avec humour par une Franco-Québécoise de souche. S'invitent parfois coups de coeur, coups de gueule et chroniques, ayant ou non rapport avec la Belle Province. Bienvenue et bonne lecture !

Expressions québécoises peu glamour

Expressions québécoises peu glamour

Pipi, caca, popo.

Ça vous fait rire ?

Non ?

C'est normal.

Ça n'a rien de drôle, le popo. C'est dur, petit, laid, court sur pattes, trapu, ça vous suit partout, à la maison, chez mamie, chez papi, à la garderie, ça vous colle à la peau et au cul, c'est traumatisant, exigeant, on vous regarde, on attend, on insiste et on n'est pas content si rien ne vient. Quant au pipi et au caca, ça ne fait rire que les petits enfants. Probablement parce qu'ils ont déjà compris que ce sont des trucs intimes, que l'on fait tout seul, des trucs qui puent, qu'on noie et fait disparaître aussitôt façonnés. Des trucs dont on n'est pas fier. Comme une bêtise.

Non, on ne rit pas avec le caca. Au contraire, que ce soit en France ou au Québec, on fait appel à lui et son orifice attitré pour manifester sa colère, sa frustration, ou parfois son simple avis.

En France, dans les disputes ou les monologues destinés à évacuer le mauvais, le méchant, le champ lexical de la matière fécale et de son orifice attitré se compose principalement de trois noms communs : deux féminins - soit merde et chiottes - et un masculin - soit enculé.

Sont également utilisées quatre formes verbales : le verbe chier à la voix passive - fait chier, c'est chiant - ainsi que le verbe enculer à la voix active - je t'encule, va te faire enculer.

Au Québec, toujours dans le même genre de situations, l'on retrouve cinq formes verbales ainsi que trois groupes nominaux. Avant d'entrer dans les détails, j'aimerais faire un gros plan sur l'emploi du mot merde au Québec, puisqu'il se retrouve dans sept des huit expressions à l'étude aujourd'hui. Les habitants de la Belle Province - et particulièrement lorsqu'ils sont en colère - prononcent marde. Voilà qui est précisé.

Revenons donc à nos moutons (québécois).

dessin de Amelia Altavena (www.coroflot.com)

dessin de Amelia Altavena (www.coroflot.com)

En éventuel futur immigrant que vous êtes, il n'est pas impossible qu'un jour, un Québécois vous séquestre dans son igloo, ordonne à son caribou de vous violenter à coups de sabots, ou vous coure après avec sa hâche de bûcheron, à grand renfort de formules cueillies dans son répertoire scatologique, donc. Si je suis ici aujourd'hui, c'est pour vous aider à interpréter ses paroles, sa colère. Ensemble, marchons sur le chemin de la compréhension de l'autre, de l'ouverture et du pardon.

 

En abbofq que je suis (adorable et bienveillante blogueuse d'origine franco-québécoise), je vous ai préparé une petite activité ludique et éducative qui vous permettra d'assimiler ces expressions. Pour les trois premiers termes je vous aide, mais pour les autres, vous devrez faire appel à votre bon sens.

 

Un gros plein de marde : Tout comme moi, j'imagine que vous pensez immédiatement à L'oreille cassée (l'une des aventures de Tintin). Oui, lorsque le perroquet dit "gros plein de soupe" dans la rue et que le gros monsieur, prenant cette insulte pour lui, se fâche. Au Québec c'est un peu moins édulcoré : la marde remplace la soupe. Le gros plein de marde, donc, est un individu peu fréquentable, ayant causé du tort à quelqu'un au moins une fois de sa vie. 

 

Un mangeux de marde : idem, en un peu plus intense. Un mangeux de marde est un salopard, un enfoiré. Très imagée comme expression. Elle aurait d'ailleurs sa place dans l'un de mes articles sur mes expressions québécoises préférées. 

 

D'la marde ! : Utilisée seule, sans rien devant ni derrière, cette expression annonce deux sortes d'actions plutôt contradictoires. Le fait de se lancer, d'oser, ou le fait d'annuler, de se retirer... On pourrait la traduire par "Oh et puis zut !". Exemple : "D'la marde ! Je refuse Kevin comme ami sur Facebook. Pourquoi me forcerai-je après tout ?", ou bien "D'la marde ! J'annule mon mariage sur Facebook ! Ça ira plus vite. C'est Jessica que j'aime, non Géraldine." 

 

Passons maintenant à l'exercice de logique.

 

Relie chaque expression québécoise à sa définition. Attention, un intrus a été ajouté. Tu trouveras les bonnes réponses en bas de la page.

 

 

 

 

EXPRESSIONS QUÉBÉCOISES               DÉFINITIONS TRÈS GENTILLES                                                                                            
1) Va chier !                                     a) Houspiller quelqu'un, non sans agressivité
2) D'la marde !         b) Va au diable
3) Mange d'la marde !         c) Va au diable !!
4) Mange un char de marde !         d) Éloigne-toi de moi prestement ou je me moque éperdument de ce que tu penses
5) Ça vaut pas d'la marde !         e) Cela est de très, très piètre qualité
6) Donner de la marde à quelqu'un         f) Oh et puis zut !
7) Un gros plein de marde         g) Cécile Duflot a un peu l'air cochonne, non ?
8) Un mangeux de marde         h) Goujat
          i) Très vilain goujat

 

 

Réponses : 1-d ; 2-f ; 3-b ; 4-c ; 5-e ; 6-a ; 7-h ; 8-i

 

(crédit image : www.casimages.com)

 

 

 

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