Québec : mode d'emploi

Québec : mode d'emploi

Le Québec, vu, analysé et expliqué avec humour par une Franco-Québécoise de souche. S'invitent parfois coups de coeur, coups de gueule et chroniques, ayant ou non rapport avec la Belle Province. Bienvenue et bonne lecture !

Démarches et conseils pour louer un appartement au Québec

boitesSi vous êtes un immigrant français récemment arrivé au Québec, voici quelques bons trucs à savoir avant de partir à la recherche d'un logement à louer... Dire qu'au Québec on loue un appartement comme on loue un pédalo un samedi après-midi serait légèrement exagéré... et pourtant, il n'y a pas grande différence ! Savoir lire et comprendre les annonces immobilières et savoir mettre en avant vos atouts constituent les deux seuls impératifs nécessaires à la réussite de votre projet de location.

 

Au Québec, le 1er juillet, on fait du pédalo en famille ou on déménage !

 

Avant tout, il est bon de connaître la tradition du 1er juillet, une journée mouvementée au Québec ! Le 1er juillet, c'est la fête du Canada, c'est donc un jour férié dans tout le pays. Pour des raisons qui ne seront pas développées ici, la grande majorité des Québécois n'ont que faire de cette célébration... En revanche, ils ne boudent pas cette journée de congé et en profitent pleinement en allant à la piscine, en organisant un barbecue avec les copains ou en déménageant ! En effet, le 1er juillet demeure LA journée pour déménager, LA journée où la plupart des baux débutent et, par la force des choses, LA journée où nombre de logements - les plus intéressants en général - se libèrent.

 

Pourquoi n'est-ce pas judicieux de déménager en plein hiver au Québec ?

 

Tout Québécois sait que déménager durant la saison hivernale, un 15 janvier par exemple, ne constituerait pas la plus lumineuse des idées pour débuter la nouvelle année... Pourquoi ? Car à cette période de l'année, le thermomètre affiche entre moins 10 et moins 15 degrés ; car il est fort possible que les trottoirs et les rues soient enneigés ou pire, recouverts de glace ; car l'éventualité qu'une tempête de neige ou de verglas frappe le jour J n'est pas à écarter... Bref, mieux vaut éviter.

 

Être Québécois et louer un appartement à Montréal, rien de plus simple !

  

Alors que les Français passent souvent par des agences pour louer un logement (et donc paient des frais et perdent du temps), les Québécois opèrent seuls car les démarches sont particulièrement simples et rapides, tout simplement.

 

Si les locataires français doivent présenter leurs fiches de paye des trois derniers mois, donner un dépôt de garantie, fournir une attestation d'assurance habitation au bailleur (heureusement, ce dernier ne réclame pas encore les empreintes digitales et les antécédents médicaux !), les Québécois, eux, ont la vie plutôt facile quand vient le temps de prouver leur solvabilité au propriétaire de leur futur logement. En effet, une fois l'appartement ou la maison visité, une fois le coup de foudre installé entre l'appartement et le locataire, reste encore à créer le coup de foudre entre le proprio et le locataire. Si ce dernier arrive à l'heure, propre, peigné, souriant et - pourquoi pas ? - parfumé, il a déjà marqué un bon point. Pour gagner la partie, il ne lui reste plus qu'à convaincre le bailleur...

 

Beaucoup moins pénibles et handicapantes que les bulletins de salaire et la caution, l'enquête de crédit (vérification des antécédents financiers - le locataire n'a AUCUNE démarche à faire - Hourra !) et les références (employeur du moment et dernier bailleur) - si positives - suffisent à faire prendre la bonne décision au propriétaire. Très simple et rapide, donc ! Il faut savoir aussi qu'au Québec, la durée habituelle des baux est d'un an. L'engagement est donc moins long, moins effrayant pour le propriétaire que s'il s'agissait d'un bail de trois ou six ans, comme c'est le cas en France. De plus, un mauvais payeur se fait rapidement mettre à la porte, été comme hiver ! On ne rigole pas, au Québec !

 

Être immigrant français et louer un appartement à Montréal, pas vraiment plus compliqué...

 

Pour les immigrants, la possibilité de vérifier les antécédents n'est pas possible car... ils viennent d'un autre pays, un pays où le propriétaire, même par téléphone, n'a pas envie de s'aventurer. Que faire alors pour le persuader que vous êtes le locataire idéal ? Lui prouver que vous pouvez payer !

 

Ce n'est une nouvelle pour personne mais rappelons que tout ce tralala administratif qui entoure la location d'un appartement, bien que différent d'un pays à l'autre, a toujours eu un but universel : prouver au propriétaire du logement que l'on peut payer.

 

Si vous avez un emploi, vous pouvez tout simplement lui fournir une copie de votre contrat de travail. Avec ce morceau de papier, il aura la preuve que vous êtes en mesure de régler le loyer durant l'année de votre bail - un argument qui, si l'on y pense bien, reste plus convaincant que la présentation des feuilles de salaire ! Car finalement, ces dernières prouvent seulement que vous AVIEZ les moyens de payer un loyer au cours des derniers mois... mais à l'avenir ? Vraiment, le coup du contrat de travail est gagnant ("winner" comme on dit ici).

 

Si vous n'avez d'emploi ni en poche ni en vue, pas de panique : votre relevé bancaire peut servir d'argument. Bien sûr, s'il indique qu'il reste 167,92 euros dans votre compte, la négociation risque de se solder par un échec... Une petite somme dépassant les quatre chiffres, en revanche, peut s'avérer fort convaincante.

 

Un ami ou un membre de votre famille déjà installé au Québec peut également se porter garant, à condition qu'il soit suffisamment solvable.

 

Autre option : charmer le bailleur, le convaincre que trouver un boulot au Québec sera pour vous un jeu d'enfant et, surtout, - surtout ! - lui payer quelques mois d'avance. Sachez cependant que cette pratique, bien que relativement courante en plus d'être pratique et inoffensive, est illégale. Moins solide que les deux premiers arguments, elle peut toutefois fonctionner.

 

Il ne vous reste plus qu'à éplucher les petites annonces... Pas besoin d'agent immobilier : gardez votre argent pour aller vous acheter un beau petit fauteuil chez Ikea, car il y a aussi des magasins Ikea au Québec (comme en France, avec la garderie, la cafétéria, les petits crayons gratuits, etc.).

 

Bienvenue au Québec et bonne chance dans vos démarches !

 

Je vous invite aussi à lire cet article, qui vous sera très utile dans vos recherches de logement.

 

 

(photo : Mathieu L. Fiset, flickr)

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